Réunion du vendredi – ou le monologue des dieux

Dessin de zenitude : exercie de relaxation en trois étapes : inspiration, concentration et rien à foutre

De l’expression « s’en battre l’œil »

Le vendredi matin : c’est réunion !
Julien, face à la singulière impéritie de son patron, se dit qu’après tout, l’essentiel est ailleurs. Pour rompre l’ennui, il s’amuse alors à décliner sur sa feuille l’expression « s’en battre l’œil » (ou les rognons selon l’humeur) sous de nouvelles variantes oniriques. S’en tamponner les coccinelles fut sa première trouvaille graphique et buissonnière, puis lui vint les plus techniques s’en chiffonner le papier-peint, s’en vidanger la trottinette ou s’en tambouriner le strapontin.

– Il va falloir faire preuve de plus d’implication personnelle et d’inventivité, assène le boss à une assistance lassée par tant de carence empathique.

Comme l’essentiel, Julien est maintenant ailleurs, en errance sur son sentier poétique : s’en brocanter les bibelots, s’en shampouiner les coquelicots, s’en trancher fine le sauciflard, s’en débiner le calendos, s’en dégouliner les kleenex, s’en rustiner les chambres à air, s’en coquiller les escargots, s’en déplumer l’édredon, s’en spéculer les peccadilles, s’en ébouriffer les chrysanthèmes, s’en siffloter les oisillons, s’en gameler les croquettes, s’en débiter la langue de bois, s’en chouchener les bigorneaux, s’en dégainer les bananes, s’en baguenauder la bigoudène, s’en bigorner les brouettes, s’en gribouiller les post-it, s’en torcher la serpillière, s’en boudiner la pompe à eau, s’en dégraisser la planisphère, s’en défriser les moustaches (ou les poils du nez), s’en grappiller les raisins, s’en coiffer les oursins, s’en caresser les hérissons, s’en fauciller le marteau, s’en défriter les moules, s’en démouler les frites, s’en ballotter l’inertie, s’en dégorger les coques, s’en ketchuper les coquillettes, s’en coincer les bulles, s’en craqueter les biscottes, s’en croustiller les graines du chat, s’en pantoufler le pyjama, s’en breloquer les babioles, s’en sourdiner les grelots, s’en délasser la tignasse, s’en tondre les cactus, s’en surcroître l’oisiveté …

Vivement ce soir !

Extrait des « Carnets des Studios Win Community (WC pour les intimes) » de Webster Hazbine