Coulunebielle, Déesse des transports et du voyage

Oyez, oyez ! Humbles pécheurs et croyez en Coulunebielle, Déesse des voyageurs, livreurs, logisticiens, mécaniciens et contrôleurs de tout acabit.

Si pour vous un transit n’est pas intestinal, et que l’envie vous gratte de vous tirer, vous barrer, vous éclipser, vous calter, vous expatrier, décamper, détaler… alors la Déesse Coulunebielle est la divinité de vos projets. Elle seule pourra vous garantir un déplacement sécurisé, une mutation réussie ou encore l’assurance d’un déménagement sans perte ni fracas !

Ne croyez pas pour autant que Coulunebielle soit une baroudeuse de haut niveau. Son entourage céleste la trouve plutôt casanière : trop sage pour festoyer selon Cupidron (le dieu de l’amour et du vin), trop effacée pour flamboyer pour Tavumarolex ou Raclaburnita (déesse du pouvoir et dieu du pognon), trop sainte-nitouche pour Bigmamaternum (déesse de la maternité), bien trop introvertie pour Cépadlaguimove (dieu du sport) ou prévisible pour Fétibohoupa (déesse de la météo)… En d’autres termes, toutes ses relations divines l’estiment au mieux enquiquinante.

Et pourtant, ils devraient bien s’abstenir de la moquer de la sorte s’ils n’avaient ne serait-ce qu’une once d’idée des réelles capacités d’évasion de leur consœur ! Parce qu’en vérité, il n’est pas un jour qui passe sans que Coulunebielle n’organise des vadrouilles dans des contrées dont personnes ne pourrait même soupçonner l’existence.

Les périples imaginaires de Coulunebielle, déesse des transports

Ainsi, hier, dans un rêve, la déesse louvoyait à dos d’âne entre les dunes d’un désert de diamants pour atteindre finalement une oasis où l’étang scintillait d’or et de miel. Autour, les arbres dansaient au rythme d’un vent aux effluves d’encens. Derrière les vapeurs du plan d’eau, un bédouin jouait sur un orgue aux tubes de verre et de platine, et sa mélodie enveloppait cet éden d’ondes sonores langoureuses.

Avant-hier, aux premières lueurs du jour, Coulunebielle s’évapora dans un songe éveillé pour un périple maritime qui la mena du Japon au Groenland. Partie en jonque, elle profita ensuite d’un chalutier qui la transféra sur un paquebot ; un kayak lui permettra de terminer sa course à l’approche des icebergs. But ultime de cette épopée : plonger au beau milieu de la nage virevoltante d’un ballet de pingouins. Tout ne fut que danse et transparence. Le frôlement des courants marins sur la déesse donnèrent à sa peau l’éclat d’écailles en arc-en-ciel.

Alors vraiment, les yeux fermés, vous pouvez faire confiance aux intuitions de la déesse Coulunebielle : sa sensibilité au dépaysement comme à l’adaptation aux changements saura fournir la juste réponse à vos projets de mobilité les plus fous.

Concurrence mythologique de la déesse des transports

Convector, Vāhana, Hermès, Breizhgo

En quelles circonstances recourir à la perspicacité de la déesse des transports et déplacements en carrosse, calèche, poussette ou diablotin

  • Déménagement, émigration, rapatriement quand tout fout le camp
  • Itinérance en avion, bateau, voiture, fusée ou deltaplane
  • Débandade en deux-roues, tricycle, skateboard ou trottinette
  • Acheminement d’êtres humains (avec ou sans leurs acariens)
  • Livraisons de trucs inhumains (et procédures d’annulation)
  • Billetterie / Réservation (et options de remboursement)
  • Gestion des correspondances (hors courrier)
  • Conduite accompagnée
Tarif et conditions d’utilisation des prestations de la déesse des transports, importations / exportations et transhumance

Comme pour toutes les divinités de la Chapelle du Fond du Parc de la Citadelle du Ty Pouèt, le recours à l’expertise d’une déesse vous oblige à vous plier à des prières bien spécifiques. Ainsi, pour avoir toute l’attention de la déesse Coulunebielle, il vous faudra clamer avec distinction dans un hall de gare ou d’aérogare, ou dans une station de métro, ou sous un abri-bus si vous êtes paumé grave, le psaume suivant, dit Psaume aux Corinthiens toujours en retard :

À tire-d'ailes ou tire-bouchons
En solex, scooter ou pétrolette
En Lada, Rolls ou Cadillac
Si déguerpir, tu le souhaites
Par air ou route, mer ou rivière
D'abord, d'abord : passe ton Bac !
Dernière prière envoyée à la déesse Coulunebielle, transport et voyage

. De Pierre-Enki Roulnamaspamousse
S’il vous plait, divine Coulunebielle, inspirez les instances pensantes et/ou dirigeantes de la SNCF pour qu’ils nous simplifient les tarifs et surtout, surtout : le site web et les applications !

HABILITATIONS DE LA DÉESSE DU TRANSPORT ET DES POSES DE LAPINS

Dingue de la Saint-Valentin

Le doguicat et la St-Valentin

Le doguicat est un mammifère nocturne vivant dans les rochers entre les Caps de Fréhel et d’Erquy. Il est extrêmement rare de rencontrer cet animal tant il est sauvage et discret, dormant caché 18 heures par jour et ne sortant de sa tanière que quelques minutes la nuit.

Mais ceux qui ont vu des doguicats ne pourront jamais les oublier : cette espèce est animée d’une passion extraordinaire pour la toilette et les accoutrements les plus distingués. Ils passent tout leur temps à élaborer et se parer de costumes, robes, houppelandes, queues-de-pie, chemisiers, redingotes et jaquettes…

Les chercheurs ont découvert que derrière cette coquetterie s’exprimait en fait un besoin vital pour les doguicats : fêter la Saint-Valentin.
L’année entière, ils se préparent pour cette cérémonie, la règle étant de faire de chaque 14 du mois une répétition pour le jour J de février.
Les spécimens qui ont été capturés et mis en isolement à cette date sont tous morts le lendemain : l’existence du doguicat repose sur sa célébration effective de la Saint-Valentin !

Ce jour-là, ils s’offrent mutuellement une rose, et attendent minuit pour la dévorer ensemble, parfois accompagnée d’un bol de lait Ribot.
Le lendemain, chacun repart serein et rasséréné à ses occupations ; c’est-à-dire à la confection de nouvelles parures pour être au mieux 12 mois plus tard…

De nuit

Nue endormie

ta respiration
tel un secret susurré
au creux de ma nuit
encore ensemble toujours
se chercher d’un rêve à l’autre